A Different World: An Educational Tool Kit for Building Global Justice by the Social Justice Committee

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2e Module : La mondialisation et les échanges commerciaux

4e Chapitre: Migration, Commerce et droits de la personne

Fiches d'information

La migration et le développement

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La Déclaration du Millénaire a été signée en septembre 2000 par tous les chefs d'État qui ont participé au Sommet du Millénaire des Nations Unies. Elle a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée générale des Nations Unies. Quelque 190 nations ont accepté les huit objectifs suivants établis dans le but d'éliminer la pauvreté d'ici 2015.

Objectif 1 : Réduire l'extrême pauvreté et la faim

Objectif 2 : Assurer l'éducation primaire pour tous

Objectif 3 : Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes

Objectif 4 : Réduire la mortalité infantile

Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle

Objectif 6 : Combattre le HIV sida, le paludisme et autres maladies

Objectif 7 : Assurer un environnement durable

Objectif 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

Tandis que la migration est liée à tous les objectifs du Millénaire pour le développement ou presque, l'Organisation internationale sur les migrations souligne le fait que les objectifs surlignés ci-dessus sont étroitement liés entre eux. On considère que la migration a des conséquences à la fois positives et négatives sur l'accomplissement de ces objectifs. Voici un résumé des liens établis entre la migration et les Objectifs du Millénaire.

Réduction de la pauvreté

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), les travailleurs migrants ont de grandes répercussions sur l'économie mondiale. En 2005, ils ont envoyé 250 000 milliards de dollars pour venir en aide à leurs familles et à leurs communautés. Les Nations Unies soulignent que, si ces revenus peuvent contribuer au développement, ils ne devraient pas être considérés comme une solution de rechange à l'aide versée dans le cadre du développement international. À leur retour, les migrants contribuent aussi au développement de leur pays d'origine en y rapportant des capitaux et de la technologie et en transmettant à leur communauté les compétences qu'ils ont acquises à l'étranger. Il est important de prendre en compte leur contribution non seulement en termes économiques, mais aussi sur le plan des droits de la personne internationaux.

Égalité des sexes

Les femmes constituent le groupe des migrants internationaux qui augmente le plus (de 47 % en 1960 à 49 % en 2000), ce qui souligne l'importance grandissante du rapprochement familial, surtout dans les pays les plus développés. Par ailleurs, de plus en plus de femmes voyagent seules et constituent l'unique soutien économique de leur famille. Selon l'OIT, cette tendance et le fait que les femmes sont rémunérées pour leur travail confèrent davantage d'indépendance et d'autonomie à celles-ci et contribuent à l'égalité des sexes. La plupart des femmes exercent un emploi de nature intensive dans le secteur de la manufacture (p. ex. : l'habillement) ou des services (p. ex. : le travail domestique).

Cette tendance a toutefois certains côtés négatifs. En fait, les femmes migrantes sont souvent davantage portées à souffrir de privation, à être confrontées à des préjudices, à de la discrimination et à des abus verbaux, sexuels ou physiques. Elles sont d'autant plus à même d'être exploitées et victimes de traite de personnes. En outre, une fois arrivées dans leur pays de destination, les migrantes peuvent avoir de la difficulté à s'intégrer, être marginalisées et avoir de la difficulté à trouver du travail. Il se peut donc qu'elles aient moins accès à l'emploi, à la sécurité sociale et aux programmes de santé que les hommes migrants. Les femmes sont aussi plus vulnérables que les hommes si leur droit de résidence dépend de leur relation avec un citoyen. (Rapport : La migration et les Objectifs du millénaire pour le développement, 2005)

Santé : prévenir le HIV et le SIDA, le paludisme et autres maladies infectieuses

Selon les Nations Unies, il y a un lien entre la mobilité et la probabilité d'être infecté par des maladies infectieuses. Pour ce qui est du HIV et du SIDA, au même titre que toute autre question de santé, le risque est lié aux conditions et au déroulement de la migration. Pour faire simple, les migrants courent davantage de risques pendant leur voyage, en raison des conditions de transport qui sont souvent peu sûres et malsaines. Cependant, selon le rapport sur les Objectifs de développement du Millénaire (ODM) et du développement, le risque d'être infecté par des maladies est plus grand à l'arrivée dans le pays de destination, et ce, en raison du statut juridique des migrants qui définit leur accès à la santé et aux services sociaux. Les différences d'ordre linguistique, culturel ou religieux peuvent aussi constituer des obstacles aux soins de santé. Par conséquent, le taux de maladie des migrants, particulièrement ceux en situation irrégulière, est souvent plus élevé que celui des résidents de pays.

L'émigration des professionnels de la santé vers les pays développés peut également avoir des conséquences négatives sur la situation de la santé du public, la prestation des services de santé et le niveau d'éducation de base dans les pays en voie de développement. Pour reconstruire les infrastructures de santé de ces derniers, les Nations Unies demandent qu'une contrepartie leur soit versée au moyen de projets éducatifs et formateurs. Plus important encore, elles demandent à la coopération internationale d'établir des politiques internationales sur les questions d'ordre mondial comme le recrutement éthique.

Environnement durable

Deux situations liées à la migration constituent des enjeux pour l'environnement durable. Il s'agit, d'une part, de la création de camps de réfugiés ou de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays et, d'autre part, de la migration vers les zones urbaines. Les questions humanitaires deviennent évidemment une priorité au sein des camps de réfugiés ou de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays. Or, à moyen et à long terme, ces camps ont des répercussions sur l'environnement, car ils contribuent à l'épuisement et à la détérioration des écosystèmes des régions dans lesquelles ils sont situés. Par ailleurs, la dégradation de l'environnement peut aussi être une cause de migration en elle-même.

La pauvreté urbaine a elle aussi des conséquences sur l'environnement. Aujourd'hui plus que jamais, la plupart des gens vivent en ville. En fait, c'est le cas de plus de 50 % de la population mondiale. Tandis que l'expansion urbaine a ralenti ou cessé dans les pays industrialisés, les zones urbaines s'étendent rapidement dans les pays en voie de développement en raison de l'augmentation naturelle de la population ainsi que des migrations internes et internationales.

La situation en devient difficile dans les centres urbains, notamment en ce qui concerne les infrastructures, l'accès à l'eau salubre, l'assainissement, l'emploi et la prestation des services sociaux. Le déplacement des populations vers les zones urbaines a des conséquences sur le transport et la consommation en énergie et tend à repousser les limites des villes.

Selon les Nations-Unies, plusieurs mesures permettraient de traiter le problème de la pauvreté urbaine telle la création d'alternatives de subsistance dans les zones rurales pour réduire la pression migratoire et les disparités salariales entre les zones urbaines et rurales. Dans le même ordre d'idées, il faut permettre aux migrants qui vivent en ville de trouver un logement et de profiter d'infrastructures sures, saines et respectueuses de l'environnement.

Mise en place de partenariats mondiaux pour le développement

L'Objectif no 8 de la Déclaration du Millénaire donne comme but de poursuivre la mise en place d'un commerce et d'un système financier ouvert, régulé, prévisible et non discriminatoire.

Selon l'Organisation internationale du Travail (OIT), la mise en place de marchés ouverts et justes peut contribuer à la croissance économique, aider à réduire la pauvreté et favoriser le développement. Telle est la mission du système de commerce multilatéral. Pourtant, l'OIT explique que le système des échanges commerciaux a principalement servi les intérêts des pays développés (2005). Selon l'Organisation, la mise en place d'un système commercial équilibré offrirait aux pays en voie de développement davantage de potentiel de croissance économique. Voici, entre autres, certains domaines liés au commerce pour lesquels elle suggère que des changements soient mis en œuvre :

  • Agriculture

    Actuellement, en raison des subventions agricoles dans les pays développés, il est difficile pour les pays en voie de développement d'être concurrentiels. Pour cette raison, bon nombre d'agriculteurs ont perdu leur emploi ou se sont appauvris. Parmi eux, beaucoup voient la migration comme une solution de survie. Afin de rendre le système plus juste, un mouvement a été créé pour éliminer les subventions agricoles dans l'ensemble des pays industrialisés.

  • Accès général au marché

    Les barrières commerciales réduisent les occasions de croissance. Selon l'OIT, les pays en voie de développement qui exportent leurs produits dans les pays développés doivent payer des tarifs douaniers plus élevés en moyenne que ceux exigés des pays développés. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) suggère que les pays développés comme les pays en voie de développement retirent leurs barrières commerciales et que ces derniers profitent accèdent plus facilement au marché, particulièrement en ce qui concerne les produits transformés.

  • Services

La libéralisation du commerce dans les services (p. ex. : le travail temporaire) peut offrir certains avantages économiques aux pays en voie de développement, à condition de prendre aussi en compte certains objectifs non axés sur le marché (p. ex. : les droits de la personne).

  • Ententes de libre-échange

    Elles ont été nombreuses avant que l'on ne parvienne à une réelle libéralisation du marché. Les pays riches sont en concurrence avec les pays pauvres, d'où la difficulté de conclure des ententes loyales. (Équipe du Projet sur le commerce du Projet Objectifs du Millénaire des Nations Unies) En général, l'établissement de droits de la personne au sein d'ententes commerciales est vu comme un pas vers le commerce équitable.

Le système des échanges commerciaux a principalement servi les intérêts des pays développés.

Organisation internationale du Travail (2005)

En bref : La migration et le développement

Les travailleurs migrants ont envoyé 250 000 milliards de dollars à leur pays d'origine.

Les femmes migrantes sont souvent davantage portées à souffrir des violations de leurs droits humains.

Le risque d'être infecté par des maladies est plus grand à l'arrivée dans le pays de destination.

Les zones urbaines s'étendent rapidement dans les pays en voie de développement en partie à cause des migrations internes et internationales.

La migration a des conséquences à la fois positives et négatives sur l'accomplissement des objectifs sur le développement.